Deux panneaux solaires photovoltaïques adossés à un arbre dans une forêt, suggérant le recyclage écologique.

Recyclage des panneaux solaires : comment ça se passe ?

Le parc photovoltaïque français a franchi les 22 GW de capacité installée en 2025, avec plus de 3 millions de panneaux déployés sur toitures et au sol. Les premières générations posées au début des années 2000 arrivent en fin de vie. La question devient concrète : où vont ces modules une fois démontés ?

Résumé de l’article
  • La filière française est mature : Soren coordonne plus de 300 points de collecte depuis 2015, financée par l’éco-contribution payée par les fabricants à la mise sur le marché.
  • En 2024, Soren a collecté 9 477 tonnes de panneaux usagés (+82 % vs 2023), avec un taux de valorisation de 94 %, au-delà de l’objectif européen de 87 %.
  • Le processus combine démantèlement, traitement thermique à plusieurs centaines de degrés et chimie humide, permettant à Rosi Solar de récupérer 80 à 90 % de l’argent contenu.
  • Le verre (70-75 %) et l’aluminium (10-15 %) constituent l’essentiel du tonnage, mais l’argent (0,08 % de la masse) concentre 50 % de la valeur économique du panneau.
  • Le recyclage est gratuit pour le détenteur final, financé en amont via l’éco-contribution intégrée au prix de vente du panneau neuf, particulier comme professionnel.
  • Le réemploi monte en puissance : 1 % du flux aujourd’hui, objectif 5 à 7 %, avec un seul site dédié en France (ENVIE 2E Aquitaine) et un fonds de 3 M€ sur 2023-2027.

Une filière française mature

Le recyclage des modules photovoltaïques n’est pas une promesse marketing. C’est un dispositif réglementaire en marche depuis plus d’une décennie.

Soren, l’éco-organisme agréé par l’État

Depuis 2015, Soren (ex-PV Cycle France) coordonne l’ensemble de la filière française. Agréé par les pouvoirs publics, l’éco-organisme gère un réseau de plus de 300 points de collecte répartis sur le territoire, métropole et Outre-mer compris. Son financement repose sur l’éco-contribution versée par les fabricants et importateurs lors de la mise sur le marché.

En 2024, Soren a collecté 9 477 tonnes de panneaux usagés, un bond de +82 % par rapport à l’année précédente. Le taux de valorisation atteint 94 %, soit largement au-dessus de l’objectif européen fixé à 87 %. Ces chiffres situent le photovoltaïque parmi les filières DEEE les mieux valorisées de France.

Le cadre réglementaire : REP, DEEE et loi AGEC

Tout part de la directive européenne DEEE de 2014, transposée en droit français. Elle impose aux fabricants de panneaux solaires de financer la collecte et le traitement de leurs produits en fin de vie. C’est le principe de la Responsabilité Élargie du Producteur (REP). La loi AGEC de 2020 a durci les exigences en relevant les objectifs de recyclage et en élargissant le périmètre. Résultat : aucun fabricant ne peut commercialiser des modules en France sans intégrer ce circuit.

Le processus de recyclage, étape par étape

Un panneau photovoltaïque, ce n’est pas un objet monolithique. Il faut décomposer un assemblage de verre, d’aluminium, de polymères, de silicium et de métaux précieux. Plusieurs étapes industrielles s’enchaînent.

Collecte et démantèlement

Les panneaux usagés rejoignent l’un des points de collecte Soren, ou font l’objet d’un enlèvement direct chez les détenteurs de gros volumes. Une fois en usine, le cadre en aluminium est retiré, ainsi que le boîtier de jonction et les câbles. Ces éléments partent vers les filières dédiées des métaux et des plastiques.

Séparation thermique et mécanique

Reste le cœur du module : verre, cellules de silicium, polymères encapsulants. Les opérateurs comme Rosi Solar, basé à Saint-Honoré en Isère, appliquent un procédé thermique à plusieurs centaines de degrés. Cette cuisson détruit les polymères sans valeur marchande. Puis vient un traitement mécanique vibratoire pour trier verre, plaquettes de silicium et fils de cuivre.

Récupération chimique des métaux précieux

L’étape finale relève de la chimie humide. Les restes de cellules passent dans des bains réactifs successifs pour détacher l’argent et le silicium. Rosi Solar récupère aujourd’hui entre 80 et 90 % de l’argent présent dans les modules. Les fils d’argent ne représentent que 0,08 % de la masse, mais portent 50 % de la valeur d’un panneau. Le silicium ressort à une pureté de 99,999 %, exploitable dans l’industrie chimique et celle des batteries.

Quels matériaux ressortent du recyclage

Le tableau ci-dessous récapitule ce qui sort d’un module standard et sa destination.

MatériauPart dans le moduleValorisation
Verre70 à 75 %Verrerie, isolation, fibre de verre
Aluminium (cadre)10 à 15 %Refonte, nouveaux profilés
Polymères (EVA, backsheet)6 à 10 %Valorisation énergétique
Silicium3 à 5 %Industrie chimique, batteries
Cuivre1 %Câblerie, électronique
Argent0,08 %Industrie électronique, bijouterie

L’aluminium et le verre représentent l’essentiel du tonnage. L’argent, lui, porte la valeur économique du recyclage. Pas étonnant que les industriels misent dessus.

Où recycler ses panneaux solaires

Le dépôt dépend du volume détenu. Pour moins de 40 panneaux, particuliers comme professionnels peuvent les déposer dans l’un des points de collecte référencés sur le site de Soren (déchèteries professionnelles, distributeurs partenaires, sites d’installateurs). Pour plus de 40 panneaux, un enlèvement gratuit est organisé directement sur site, après demande en ligne auprès de l’éco-organisme.

À noter : tous les types de modules sont acceptés, sans distinction de marque, de technologie ou d’année de mise sur le marché. Silicium cristallin, couche mince, monocristallin, polycristallin : la filière prend tout.

Combien coûte le recyclage ? Bonne nouvelle, rien.

Le détenteur final ne paie aucun frais pour faire recycler ses panneaux. La logique du dispositif REP repose sur le fait que l’éco-contribution est intégrée au prix de vente du panneau neuf. Le financement est donc anticipé dès l’achat. Concrètement, c’est le fabricant qui paie, via Soren, l’ensemble de la chaîne : collecte, transport, traitement, valorisation.

Pour le particulier qui démonte une installation après vingt-cinq ans, la facture de recyclage est nulle. Voilà un argument à faire entendre face aux pourfendeurs du solaire qui agitent le spectre des « panneaux abandonnés ».

Le réemploi, l’autre voie de la circularité

À côté du recyclage matière, une seconde filière monte en puissance : le réemploi. Au lieu de broyer les panneaux, l’idée est de tester ceux qui fonctionnent encore et de leur trouver une seconde vie. Aujourd’hui, le réemploi représente environ 1 % du flux collecté. Soren vise 5 à 7 % dans les prochaines années, avec un fonds dédié de 3 millions d’euros pour la période 2023-2027.

La France ne compte pour l’instant qu’un seul site dédié : ENVIE 2E Aquitaine. Sur place, des opérateurs vérifient l’état visuel, testent l’isolation et passent les modules sur une ligne d’électroluminescence pour repérer les microfissures. Si le test passe, les panneaux repartent sur le marché. Une vigilance s’impose : les filières de réemploi non contrôlées existent, notamment vers des pays peu regardants sur l’assurance des installations. Mieux vaut passer par un circuit certifié.

L’impact environnemental, sans angélisme

Un panneau photovoltaïque produit, sur sa durée de vie de 25 à 30 ans, environ 10 à 20 fois plus d’énergie qu’il n’en a fallu pour le fabriquer. Le recyclage réduit encore cette empreinte en évitant l’extraction de matières premières neuves. Le silicium recyclé par Rosi Solar affiche notamment une empreinte carbone divisée par 2 à 3 par rapport au silicium primaire.

Reste un point d’honnêteté : la viabilité économique à long terme du recyclage haut de gamme dépend du cours de l’argent. Tant que ce métal reste cher, la filière tient. Si les cours s’effondrent, l’équation industrielle devient plus tendue. Voilà pourquoi Soren a sélectionné en 2026 six opérateurs industriels capables de traiter ensemble plus de 45 000 tonnes par an. L’objectif : préparer la vague de démantèlement attendue à l’horizon 2030, quand des dizaines de milliers de tonnes arriveront simultanément en fin de vie.

Questions fréquentes

Tous les panneaux solaires sont-ils recyclables ? Oui. 94 % de la masse d’un panneau photovoltaïque est aujourd’hui recyclable. Toutes les technologies sont acceptées par la filière Soren, sans condition de marque, d’âge ou de format.

Combien de temps dure un panneau avant recyclage ? La durée de vie moyenne se situe entre 25 et 30 ans. Au-delà, le rendement chute progressivement, mais le module reste souvent fonctionnel. D’où l’intérêt de la filière réemploi pour les panneaux encore performants.

Le recyclage est-il obligatoire ? Oui. Le panneau photovoltaïque est classé comme DEEE (Déchet d’Équipement Électrique et Électronique). Sa mise en décharge est interdite. Le détenteur a obligation de le confier à la filière agréée.

Qui paie le recyclage ? Le coût est intégré au prix d’achat du panneau neuf via l’éco-contribution. Le détenteur final ne débourse rien lors du recyclage, particulier comme professionnel.

Quelle différence entre Soren et Rosi Solar ? Soren est l’éco-organisme qui coordonne la filière : collecte, logistique, contractualisation. Rosi Solar est un opérateur industriel sélectionné par Soren pour le traitement physique des modules. Soren pilote, Rosi exécute.

Et les panneaux installés par ATSE Photovoltaïque dans les Landes ? Tout installateur sérieux travaille avec un fabricant adhérent à Soren. Cela garantit la prise en charge du recyclage en fin de vie, sans frais pour le client. Le point mérite d’être vérifié avant toute signature de devis.

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Christophe Graciet
Christophe Graciet : transition énergétique et engagement local

Artisan électricien et gérant d’ATSE Photovoltaïque depuis 2007, je suis spécialisé dans l’installation de panneaux solaires. J’accompagne les particuliers et les professionnels des Landes, du Pays Basque et de Gironde vers l’autonomie énergétique, en proposant des solutions techniques adaptées aux spécificités climatiques de notre territoire.

En parallèle, je suis engagé dans la vie locale en tant que partenaire actif de l’US Tyrosse Rugby Côte Sud. À travers ce soutien renouvelé chaque saison, je souhaite contribuer concrètement au dynamisme sportif et associatif de la région.

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